Expositions
Exposition
Marie-Ange Guilleminot MA, l’espace qui relie
07.11.2026 > 14.03.2027
Vernissage le vendredi 6 novembre 2026 à 18h
Commissaire : Hélène Audiffren
Carré d’Art – Musée d’art contemporain de Nîmes consacre une grande exposition à l’artiste plasticienne et performeuse française Marie-Ange Guilleminot. Intitulée MA, l’espace qui relie, cette exposition revient sur l’ensemble de sa production, depuis les années 1980 jusqu’à aujourd’hui. Le MA signifie l’intervalle, l’espace entre deux choses, le silence entre deux sons, la pause entre deux gestes, le vide entre deux formes. La distance ou la durée, non pas celles qui séparent, mais celles qui relient, qui permettent aux éléments de respirer. Le MA est cet intervalle chargé de potentiel et de sens, un espace vivant qui laisse place à l’imagination, à la perception et à l’expérience.
La pratique de Marie-Ange Guilleminot, qui mêle sculpture, installation, performance, vidéo et dessin, place souvent le corps au centre d’expériences fondées sur le toucher, le mouvement, la transformation et la relation à l’autre.
Ses œuvres s’articulent autour d’une relation à trois : le « je » de l’artiste, le « vous » du public et l’objet transitionnel, objet d’art. Ce rapport triangulaire active une dialectique entre curiosité, séduction et frustration : la curiosité engage le visiteur dans une approche tactile de l’œuvre, tandis que sa dimension sensuelle produit une attraction qui se heurte à l’impossibilité d’appréhender le corps de l’autre dans sa totalité. L’artiste remet ainsi en question la séparation traditionnelle entre œuvre, artiste et public, en faisant de l’expérience corporelle et relationnelle un véritable matériau artistique.
Marie-Ange Guilleminot active ces objets à l’occasion de performances, souvent filmées, pour en faire une démonstration, comme pour livrer au regardeur un mode d’emploi. Chaque espace du musée verra les œuvres se déployer et prendre vie par le biais de l’archive vidéo, l’accompagnement de médiateurs ou de rendez-vous particuliers.
Née à Saint-Germain-en-Laye en 1960, Marie-Ange Guilleminot vit et travaille à Paris.
Diplômée en 1981 de la Villa Arson de Nice, Marie-Ange Guilleminot détourne des objets de leur fonction habituelle. Si ce travail, conçu essentiellement à partir de textiles de couleur neutre, rappelle certaines actions du Body Art, du groupe Supports-Surfaces, ainsi que la méthode de pliage du peintre Simon Hantaï, il souligne avant tout le caractère poétique du geste créateur, mis en valeur par la modestie des matériaux. Ce geste (broderie, tissage, pliage), connu par le Salon de transformation réalisé en public, devant l’objectif ou la caméra, interroge également la relation du corps et de l’intime au social ; tous les sens du spectateur sont sollicités par l’intermédiaire d’objets transitionnels et convertibles (Le Chapeauvie, 1994). L’artiste crée aussi depuis 1992 une série de robes fabriquées sur mesure qui laissent apparaître certaines caractéristiques (nombril, grains de beauté). Le Mariage de Saint-Maur à Saint-Gallen (1994), célébré au cours d’un voyage en avion, conduit l’artiste célibataire, vêtue d’une robe blanche lestée de chapelets de plomb, d’un homme au départ vers un deuxième à l’arrivée, avec « un troisième sous-jacent et absent » ; un livre de mouchoirs d’hommes brodés de poèmes de Pierre Giquel constitue son trousseau et livre une réflexion sur la solitude et l’absence de l’autre.